NICOLAS Sarkozy n'est pas seulement président de l'UMP. Il est aussi ministre de l'Intérieur et paraît plus que jamais décidé à s'investir pleinement dans cette mission. «Je ne regrette pas une minute» d'être revenu place Beauvau, a souligné le ministre d'Etat, jeudi soir sur France 2, affirmant qu'il n'avait «jamais» eu envie de démissionner. «Je mets en oeuvre des mesures nouvelles et j'espère vous montrer que je suis pleinement à ce travail.»
Dans son entourage, on assure qu'il n'«y a pas eu changement de rythme», mais qu'à «une séquence politique» très chargée à l'UMP, succède «une séquence ministérielle très forte».
Pourtant, ces derniers temps, Nicolas Sarkozy a pu accréditer l'idée qu'il était plus préoccupé de sa candidature à la présidence de la République et de sa compétition avec le premier ministre Dominique de Villepin que de son secteur ministériel. Un secteur qui lui a permis de construire une popularité jamais démentie lors de son premier passage place Beauvau. De bâtir le socle de sa candidature à l'Elysée en 2007.
Mais si tout semblait alors réussir à Sarkozy, ses adversaires pointent aujourd'hui les faiblesses et l'impression de déjà-vu. Un ministre chiraquien l'accuse même de multiplier les voyages à l'étranger : «Un ministre de l'Intérieur, ça reste à l'intérieur. Sinon, on va finir par se demander qui mène le bateau.» Signe révélateur, selon un autre membre du gouvernement, «Sar ko» était en voyage à La Réu nion au moment où des grévistes du Syndicat des travailleurs corses ont pris d'un cargo de la SNCM. «Il s'est fait prendre les mains dans le pot de confiture», ironise ce ministre. >Visites de terrain
«Le vrai ministre de l'Intérieur, aujourd'hui, c'est Claude Guéant», le directeur de cabinet, se plaisent à répéter ses plus féroces adversaires. Sur France 2, Nicolas Sarkozy a eu à coeur de montrer que c'est bien lui «le patron». Depuis quelques jours, il a multiplié visites de terrain et annonces sur son plan pour «débarrasser les stades» de football des hooligans, sur la lutte contre le séjour d'étrangers en situation irrégulière, ou sur la laïcité.
Jeudi matin, à l'heure où Jacques Chirac effectuait son retour sur le terrain à Lyon, le numéro deux du gouvernement visitait la cité des Tarterêts, un quartier sensible de Corbeil-Essonnes, où l'accueillait le sénateur-maire UMP Serge Dassault *. L'occasion pour lui d'évoquer le «plan national de prévention de la délinquance» qu'il présentera en décembre. «Lutter sans état d'âme contre la violence, prévenir la délinquance en la dissuadant à sa source et en offrant des chemins de réussites, c'est l'esprit de ma stratégie», a déclaré Sarkozy. Une fois de plus, il a défendu «la discrimination positive à la française, qui n'est rien d'autre qu'une justice compensatrice».
Aujourd'hui à Bordeaux, Sarkozy parlera aménagement du territoire devant le congrès des familles rurales. Lundi après-midi, à Calais, il tentera d'apaiser les populations, après l'agression d'un couple de sourds-muets par des migrants. Mardi soir, il vérifiera en région parisienne «l'application de nouvelles méthodes» contre les violences urbaines, privilégiant la prévention. Mercredi, il présentera en Conseil des ministres son plan contre le terrorisme. Jeudi et vendredi, au cours d'«une visite d'immersion» en Lorraine, il évoquera tous les sujets de son domaine ministériel.
Pour autant, le président de l'UMP ne réduit pas ses activités purement politiques. Aujourd'hui, il tient meeting à Bordeaux et jeudi à Pont-à-Mousson, en Lorraine. Nicolas Sarkozy continue de cumuler les deux fonctions.
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